Anxiété
Du stress à l'angoisse, quand l'inquiétude déborde
L'anxiété est une émotion utile : elle nous prépare à faire face à ce qui pourrait arriver. Elle devient une difficulté lorsqu'elle s'installe, se diffuse à tous les domaines de la vie et finit par déborder. Pour la comprendre, on peut la situer sur un continuum, du stress à l'angoisse, selon l'intensité de l'émotion.
Du stress à l'angoisse : un continuum
- Le stress : il a une raison identifiée. « J'ai un examen », « j'ai un entretien demain ». Il mobilise nos ressources, puis retombe quand la situation est passée.
- L'anxiété : l'inquiétude se diffuse. Tout préoccupe : ce que je fais, ce que je dis, comment va se passer l'avenir. Elle n'a plus besoin d'une cause précise pour se manifester.
- L'angoisse : le système nerveux est envahi d'alarmes, et cela déborde dans le corps. Gorge serrée, poitrine oppressée, cœur qui s'emballe : l'émotion devient physique, jusqu'à parfois la crise d'angoisse.
Anxiété et angoisse : quelle différence ?
Les deux mots sont souvent employés l'un pour l'autre. L'anxiété se vit surtout dans la pensée : on anticipe, on s'inquiète, on imagine des scénarios. L'angoisse se vit surtout dans le corps : c'est le moment où l'émotion déborde et envahit les sensations. L'une peut mener à l'autre lorsque l'intensité monte.
Comment l'anxiété se manifeste
- Dans la pensée : des ruminations, des « et si… », des scénarios catastrophes, une difficulté à se concentrer.
- Dans le corps : des tensions musculaires, des troubles du sommeil, de la fatigue, des troubles digestifs.
- Dans les comportements : éviter ce qui inquiète, tout vérifier, chercher à tout contrôler, demander souvent à être rassuré.
Ce qui l'entretient
Éviter ce qui inquiète soulage sur le moment, mais confirme au cerveau que la situation était dangereuse : la fois suivante, l'anxiété revient plus fort. De même, chercher la certitude à tout prix entretient l'inquiétude, car l'avenir comporte toujours une part d'inconnu. Apprendre à tolérer l'incertitude fait partie du chemin.
L'anxiété est aussi une réaction du système nerveux, qui perçoit une menace et se prépare à y répondre (voir la théorie polyvagale). Après des expériences difficiles, ce système peut rester en alerte (voir l'hypervigilance).
Quand consulter
Lorsque l'anxiété est présente la plupart du temps, depuis plusieurs mois, qu'elle épuise ou qu'elle conduit à renoncer à des choses importantes, il est utile d'en parler à un professionnel. Elle peut prendre différentes formes (anxiété généralisée, anxiété sociale, phobies, crises d'angoisse répétées), qui s'évaluent en consultation.
Des repères pour l'apaiser
- Respirer : ralentir sa respiration, toujours par le nez, en allongeant l'expiration, aide le système nerveux à revenir au calme (voir l'exercice de respiration).
- Se donner un temps d'inquiétude : réservez chaque jour un moment court, par exemple quinze minutes, pour noter vos inquiétudes. En dehors de ce moment, quand une inquiétude surgit, notez-la et remettez-la à plus tard.
- Prendre du recul sur ses pensées : « C'est mon anxiété qui parle », plutôt que « il va arriver quelque chose ».
- Revenir au présent : l'anxiété se tourne vers l'avenir, les sens ramènent à l'instant (voir l'ancrage 5-4-3-2-1).
L'exercice en affiche
Les trois étapes de la respiration, à imprimer ou à garder sous la main.
Télécharger l'affiche (PDF)Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger le guide de gestion du stress et de l'anxiété que j'ai rédigé pour le Service de Santé Étudiante de l'UPJV.
Mon accompagnement
Nous travaillons d'abord à comprendre votre anxiété et à réguler votre système nerveux, avec des outils concrets pour le quotidien. Lorsque l'anxiété prend racine dans votre histoire, la LI-ICV permet de travailler plus en profondeur.
Questions fréquentes
L'anxiété est-elle normale ?
Oui. C'est une émotion utile, qui nous prépare à faire face. Elle devient une difficulté lorsqu'elle est trop fréquente, trop intense ou qu'elle limite votre vie.
L'anxiété peut-elle disparaître ?
L'objectif n'est pas de ne plus jamais être anxieux, mais que l'anxiété retrouve une place juste : un signal que l'on écoute, sans qu'il décide à votre place.
Faut-il un traitement médicamenteux ?
C'est une décision qui relève de votre médecin. La psychothérapie est efficace pour apaiser l'anxiété, seule ou en complément d'un traitement.
Sources
- American Psychiatric Association (2013). DSM-5 : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e éd.).
- Borkovec, T. D., Wilkinson, L., Folensbee, R., & Lerman, C. (1983). Stimulus control applications to the treatment of worry. Behaviour Research and Therapy, 21(3), 247-251.
- Dugas, M. J., & Robichaud, M. (2007). Cognitive-Behavioral Treatment for Generalized Anxiety Disorder. New York : Routledge.
- Duchemin, L., Service de Santé Étudiante de l'UPJV (2024). Guide de gestion du stress et de l'anxiété.
Consultation : 1 h, 70 €, en ligne.
Réserver en ligne