Attachement évitant

Quand compter sur les autres semble risqué


L'attachement évitant est l'un des styles d'attachement insécures. Il se construit lorsque les besoins de réconfort de l'enfant ont souvent été repoussés : il apprend alors à ne plus les montrer, et à compter avant tout sur lui-même. Plus rarement, un excès d'attention, de câlins ou de protection, vécu comme envahissant, peut lui aussi conduire l'enfant à mettre de la distance, pour se protéger d'un lien trop intense. À l'âge adulte, on parle d'attachement détaché. On parle de style principal : selon les personnes et les contextes, on peut avoir des styles relationnels différents.

Comment il se manifeste à l'âge adulte

  • Une grande autonomie, et une difficulté à demander de l'aide.
  • Un malaise face à la proximité ou à l'intimité, le besoin de garder de la distance.
  • Une difficulté à exprimer ses émotions, ou à accueillir celles des autres.
  • Une tendance à prendre du recul quand la relation devient plus engagée.
  • L'impression de « ne pas avoir besoin des autres », qui protège d'une déception possible.

Ce que ce style protège

L'évitement n'est pas de l'indifférence. C'est une stratégie apprise tôt pour se protéger de la douleur de ne pas être entendu : si je n'attends rien, je ne peux pas être déçu. Les recherches montrent d'ailleurs que, sous un calme apparent, le corps réagit fortement à la séparation : les émotions sont là, mais mises à distance.

Évitant et anxieux : un duo fréquent

Les personnes au style évitant se retrouvent souvent en couple avec des personnes au style anxieux. Plus l'une cherche la proximité, plus l'autre prend de la distance, et inversement : chacun renforce, sans le vouloir, la peur de l'autre.

Des pistes pour avancer

  • Repérer les moments où l'on prend de la distance, et ce qui les déclenche.
  • S'autoriser à nommer un besoin, même petit, à une personne de confiance.
  • Rester un peu plus longtemps dans un moment de proximité, à son rythme.

Un exercice : rester présent à l'inconfort

La tolérance à la détresse est une bonne piste de travail : apprendre à rester en présence de ses sensations et de ses émotions, même inconfortables, pour supporter petit à petit la proximité.

  • Quand l'envie de prendre de la distance apparaît, arrêtez-vous un instant.
  • Repérez où l'inconfort se loge dans votre corps, et posez-y une main.
  • Nommez-le simplement : « Je remarque de la tension, de l'envie de partir. »
  • Respirez lentement par le nez, et restez avec cette sensation une minute, sans agir.
  • Observez qu'elle monte, atteint un sommet puis redescend, comme une vague (voir la tolérance émotionnelle). Allongez la durée au fil des jours.

Mon accompagnement

J'accompagne les difficultés liées à l'attachement avec la LI-ICV. C'est un travail profond, qui peut prendre du temps, pour faire évoluer les croyances, les représentations et les perceptions de soi et des autres.

Questions fréquentes

  • Une personne évitante peut-elle aimer ?

    Oui. L'évitement ne dit rien de la capacité à aimer, mais de la difficulté à se sentir en sécurité dans la proximité.

  • Peut-on changer de style d'attachement ?

    Oui. Le style d'attachement est une tendance, pas une fatalité : des relations sécurisantes et un travail thérapeutique permettent de le faire évoluer. La LI-ICV permet justement ce travail d'évolution vers un attachement sécure acquis : c'est l'objet de ma recherche doctorale.

  • Suis-je évitant avec tout le monde ?

    Pas forcément. On parle de style principal : on peut être plus évitant dans le couple et plus à l'aise en amitié, par exemple.

Sources

  • Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of Attachment. Hillsdale : Erlbaum.
  • Belsky, J., Rovine, M., & Taylor, D. G. (1984). The Pennsylvania Infant and Family Development Project, III: The origins of individual differences in infant-mother attachment. Child Development, 55(3), 718-728.
  • Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226-244.
  • Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2016). Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change (2e éd.). New York : Guilford Press.

Consultation : 1 h, 70 €, en ligne.

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