Déréalisation et dépersonnalisation

Quand on se sent détaché de soi ou du monde


La dépersonnalisation, c'est se sentir détaché de soi-même, de son corps ou de ses pensées, comme si l'on s'observait de l'extérieur. La déréalisation, c'est percevoir son environnement comme irréel, lointain ou flou. Les deux vont souvent ensemble. Ce sont des formes de dissociation, une réponse de protection du système nerveux.

Ce que l'on peut ressentir

  • « Je me vois agir comme dans un film. »
  • « Mon corps ne me semble plus tout à fait à moi. »
  • « Le monde est derrière une vitre, comme dans un rêve. »
  • « Je ne ressens plus rien, ni joie ni tristesse. »
  • « Les sons me paraissent lointains, les couleurs ternes. »

Ces impressions sont souvent difficiles à décrire, et elles font peur. Elles ne signifient pas que l'on perd la raison : on garde conscience que ce n'est qu'une impression.

Une expérience fréquente

Près d'une personne sur deux connaît au moins un épisode passager de dépersonnalisation ou de déréalisation au cours de sa vie, par exemple après une nuit blanche, un choc ou une crise d'angoisse. Elles deviennent une difficulté lorsqu'elles reviennent souvent, durent, ou perturbent la vie quotidienne.

Pourquoi cela arrive

Quand une situation est vécue comme trop intense, et que ni la lutte ni la fuite ne semblent possibles, le système nerveux peut prendre de la distance : les sensations s'atténuent, le monde semble s'éloigner. Sur le moment, cette réponse protège. Elle ne se déclenche jamais sans raison, même lorsque l'on n'en a pas conscience. Elle peut ensuite se déclencher face au stress, à l'anxiété, à la fatigue, ou à ce qui rappelle des expériences traumatiques. La consommation de certaines substances, comme le cannabis, peut aussi en déclencher.

Un cercle peut s'installer : on a peur de ces sensations, on les surveille, et cette vigilance entretient l'anxiété qui les nourrit.

Revenir au présent

  • Nommer ce qui se passe : « C'est de la déréalisation, c'est désagréable, mais ce n'est pas dangereux, et cela va passer. »
  • Revenir aux sens avec l'ancrage 5-4-3-2-1 : 5 choses que vous voyez, 4 que vous touchez, 3 sons, 2 odeurs, 1 goût.
  • Sentir ses appuis : les pieds au sol, le dos contre le dossier, les mains l'une contre l'autre.
  • Respirer lentement par le nez, en allongeant l'expiration.
Aperçu de l'affiche : l'ancrage 5-4-3-2-1, revenir au présent par les cinq sens

L'ancrage en affiche

Les cinq sens, étape par étape, pour revenir au présent.

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Mon accompagnement

Nous commençons par comprendre ces sensations, pour qu'elles fassent moins peur, et par renforcer vos appuis pour revenir au présent. La LI-ICV permet ensuite de travailler sur ce qui, dans votre histoire, a installé cette réponse de protection.

Questions fréquentes

  • Est-ce que je deviens fou ?

    Non. Dans la déréalisation et la dépersonnalisation, on garde conscience que ce que l'on ressent est une impression. C'est une réaction de protection du système nerveux, pas une perte de contact avec la réalité.

  • Est-ce dangereux ?

    Ces sensations sont désagréables et inquiétantes, mais elles ne sont pas dangereuses en elles-mêmes. Si elles sont fréquentes, durables ou très envahissantes, parlez-en à un professionnel.

  • Cela peut-il durer ?

    Le plus souvent, les épisodes sont passagers. Lorsqu'ils persistent, un accompagnement aide à en comprendre l'origine et à retrouver un contact plus stable avec soi et avec le monde.

Sources

  • Hunter, E. C. M., Sierra, M., & David, A. S. (2004). The epidemiology of depersonalisation and derealisation: A systematic review. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 39(1), 9-18.
  • Simeon, D., & Abugel, J. (2006). Feeling Unreal: Depersonalization Disorder and the Loss of the Self. New York : Oxford University Press.
  • American Psychiatric Association (2013). DSM-5 : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e éd.).

Consultation : 1 h, 70 €, en ligne.

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