Attachement anxieux
Quand la relation ne semble jamais tout à fait sûre
L'attachement anxieux, ou ambivalent, est l'un des styles d'attachement insécures. Il se construit lorsque la présence des figures d'attachement a été imprévisible : parfois disponibles, parfois non. L'enfant apprend alors à intensifier ses signaux pour être entendu. À l'âge adulte, on parle d'attachement préoccupé. On parle de style principal : selon les personnes et les contextes, on peut avoir des styles relationnels différents.
Comment il se manifeste à l'âge adulte
- La peur d'être abandonné ou rejeté.
- Un besoin fréquent d'être rassuré, de preuves d'amour ou d'intérêt.
- Une grande sensibilité aux signes de distance : un message sans réponse, un ton plus froid.
- Des pensées envahissantes sur la relation, et la difficulté à se calmer seul.
- La tendance à s'oublier pour préserver le lien (voir la dépendance affective).
Ce que ce style protège
Rester très attentif à l'autre a été, pour l'enfant, la meilleure façon de maintenir le lien quand celui-ci était incertain. Cette vigilance relationnelle a eu sa raison d'être. À l'âge adulte, elle peut s'épuiser elle-même et peser sur la relation.
Anxieux et évitant : un duo fréquent
Les personnes au style anxieux se retrouvent souvent avec des personnes au style évitant : la quête de proximité de l'une active le besoin de distance de l'autre, et la distance de l'autre ravive la peur de l'une.
Des pistes pour s'apaiser
- Repérer ce qui déclenche l'inquiétude, et laisser passer un temps avant de réagir.
- Apprendre à se rassurer soi-même : respirer, revenir au présent, se dire une phrase neutre et bienveillante (« Je suis inquiète, et cela va passer »).
- Exprimer un besoin clairement plutôt que chercher des preuves (voir l'affirmation de soi).
- Nourrir d'autres liens et d'autres sources de bien-être, en dehors du couple.
Un exercice : rester présent à l'inconfort
La tolérance à la détresse est une bonne piste de travail : apprendre à rester en présence de ses sensations et de ses émotions, même inconfortables, pour supporter petit à petit la distance.
- Quand l'envie de chercher une réassurance apparaît (envoyer un message, demander une preuve), arrêtez-vous un instant.
- Repérez où l'inconfort se loge dans votre corps, et posez-y une main.
- Nommez-le simplement : « Je remarque de l'inquiétude, une boule dans le ventre. »
- Respirez lentement par le nez, et restez avec cette sensation une minute, sans agir.
- Observez qu'elle monte, atteint un sommet puis redescend, comme une vague (voir la tolérance émotionnelle). Allongez la durée au fil des jours.
Mon accompagnement
J'accompagne les difficultés liées à l'attachement avec la LI-ICV. C'est un travail profond, qui peut prendre du temps, pour faire évoluer les croyances, les représentations et les perceptions de soi et des autres.
Questions fréquentes
Est-ce que je suis « trop » dans mes relations ?
Ce n'est pas un excès de votre part, mais une façon apprise de vous protéger. Elle peut évoluer, et laisser place à plus de sécurité.
Peut-on devenir sécure ?
Oui. On parle de sécurité « acquise » : des relations fiables et un travail thérapeutique permettent de la construire à l'âge adulte (voir l'attachement sécure). La LI-ICV permet justement ce travail d'évolution vers un attachement sécure acquis : c'est l'objet de ma recherche doctorale.
L'attachement anxieux, est-ce de la jalousie ?
Pas nécessairement. La jalousie peut en faire partie, mais le cœur de l'attachement anxieux est la peur de perdre le lien.
Sources
- Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of Attachment. Hillsdale : Erlbaum.
- Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226-244.
- Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2016). Attachment in Adulthood: Structure, Dynamics, and Change (2e éd.). New York : Guilford Press.
Consultation : 1 h, 70 €, en ligne.
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