Syndrome de l'imposteur

Se sentir illégitime malgré ses réussites


Le syndrome de l'imposteur désigne le sentiment persistant de ne pas mériter sa place, malgré des compétences et des réussites bien réelles. Il a été décrit en 1978 par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes. Ce n'est ni une maladie ni un diagnostic, mais une expérience très répandue, qui peut toucher chacun à un moment de sa vie.

Ce que l'on peut ressentir

  • Attribuer ses réussites à la chance, au hasard ou à un travail excessif, jamais à ses compétences.
  • Craindre d'être « démasqué », que les autres découvrent que l'on n'est pas à la hauteur.
  • Minimiser les compliments, ou penser que l'autre se trompe.
  • Se préparer bien plus que nécessaire, ou au contraire repousser le moment de s'y mettre.
  • Vivre chaque nouvelle étape comme une épreuve, malgré les succès passés.

Le cycle de l'imposteur

Pauline Clance a décrit un cycle qui entretient ce sentiment. Face à une nouvelle tâche, l'anxiété monte. On réagit en se surpréparant, ou en repoussant puis en travaillant dans l'urgence. La tâche est réussie, et le soulagement arrive. Mais la réussite est attribuée à l'effort démesuré ou à la chance, pas à ses compétences : le doute se renforce, et le cycle recommence à la tâche suivante.

Les cinq profils de Valerie Young

La chercheuse Valerie Young décrit cinq façons de vivre ce sentiment, selon l'idée que l'on se fait de la compétence. On peut se reconnaître dans plusieurs :

  • Le perfectionniste : seul un résultat parfait compte, et la moindre erreur devient la preuve de son incompétence.
  • L'expert : il faudrait tout savoir avant d'agir, et chaque question sans réponse fait craindre d'être démasqué.
  • Le génie naturel : être compétent signifierait réussir vite et sans effort ; devoir travailler dur devient le signe que l'on n'est pas à la hauteur.
  • Le soliste : demander de l'aide serait un aveu de faiblesse, et une réussite partagée ne compte pas vraiment.
  • Le super-héros : il faudrait exceller dans tous les rôles à la fois, au travail, en famille, dans ses relations.

Ce n'est pas un manque de confiance

On peut se savoir compétent et se sentir pourtant illégitime. Le syndrome de l'imposteur touche d'ailleurs souvent des personnes qui réussissent. Il se rapproche davantage d'une estime de soi fragile que d'un manque de confiance en ses capacités.

D'où cela peut venir

  • Des messages reçus dans l'enfance : être « l'enfant brillant » dont on attend beaucoup, ou au contraire être comparé à un frère ou une sœur.
  • Un style d'attachement insécure : lorsque l'attention ou l'affection ont semblé dépendre des performances, on peut apprendre que sa valeur se mérite, et qu'elle peut être retirée à tout moment (voir les styles d'attachement).
  • Un environnement très compétitif, où l'erreur est peu tolérée.
  • Le fait d'évoluer dans un milieu différent de celui dont on vient, par exemple être le premier de sa famille à faire des études.
  • Le perfectionnisme, qui place la barre si haut qu'aucune réussite ne semble suffisante.

Des repères pour l'apaiser

  • En parler : mettre des mots sur ce sentiment, et découvrir que d'autres le partagent, en réduit souvent le poids.
  • Noter les faits : gardez une trace de vos réussites et des retours positifs reçus, avec ce qui les explique concrètement.
  • Accueillir un compliment par un simple « merci », sans le corriger.
  • Se dire une phrase neutre et bienveillante plutôt que trop positive : « J'ai ma place ici, même quand je doute. »

Mon accompagnement

Nous travaillons sur ce qui entretient ce sentiment au quotidien : les pensées, le perfectionnisme, le rapport aux réussites. Lorsque ce sentiment prend racine dans des expériences plus anciennes, la LI-ICV peut aider à travailler plus en profondeur, pour que votre place ne dépende plus de chaque nouvelle réussite.

Questions fréquentes

  • Le syndrome de l'imposteur est-il une maladie ?

    Non. Ce n'est pas un diagnostic, mais un ensemble de pensées et d'émotions très répandu. Il mérite d'être pris en compte lorsqu'il génère de l'anxiété ou freine vos projets.

  • Touche-t-il surtout les femmes ?

    Il a d'abord été décrit chez des femmes, mais les études montrent qu'il touche aussi les hommes, dans des proportions variables selon les milieux.

  • Peut-on s'en libérer ?

    Le doute peut revenir à chaque nouvelle étape, mais il peut perdre de sa force : on apprend à le reconnaître, sans plus le laisser décider à sa place.

Sources

  • Clance, P. R., & Imes, S. A. (1978). The imposter phenomenon in high achieving women: Dynamics and therapeutic intervention. Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 15(3), 241-247.
  • Clance, P. R. (1985). The Impostor Phenomenon: Overcoming the Fear That Haunts Your Success. Atlanta : Peachtree.
  • Young, V. (2011). The Secret Thoughts of Successful Women: Why Capable People Suffer from the Impostor Syndrome and How to Thrive in Spite of It. New York : Crown Business.
  • Bravata, D. M., Watts, S. A., Keefer, A. L., et al. (2020). Prevalence, predictors, and treatment of impostor syndrome: A systematic review. Journal of General Internal Medicine, 35(4), 1252-1275.

Consultation : 1 h, 70 €, en ligne.

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